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MOTEURS : E-TV a testé la SEAT Leon Cupra

13 February 2015

MOTEURS : E-TV a testé la SEAT Leon Cupra

Essai Moteur – Seat Leon Cupra

En battant provisoirement le record de la traction la plus rapide du Nürburgring, détenu depuis 2011 par la Renault Mégane RS, Seat a frappé fort dans l’impitoyable segment des compactes sportives. Offrant des performances dignes d’une Golf R à un prix inférieur à celui d’une Golf GTI Performance, sur le papier, la Leon Cupra a tout pour plaire. Mais est-ce pour autant suffisant pour devenir la nouvelle référence dans sa catégorie ?

L’art de cacher son jeu

À première vue, à moins d’être fin connaisseur, on ne soupçonnerait pas la Leon Cupra de dissimuler 280 ch sous le capot. Mis à part quelques signes qui ne trompent pas, je fais référence aux  jantes 19 pouces, l’Ibérique reste peu démonstrative visuellement, même dans sa version la plus musclée. Car oui, il existe aussi une version de 265 ch, en guise d’entrée de gamme, qui se contente de jantes 18 pouces et d’un béquet arrière moins imposant, et qui ne bénéficie ni des rétroviseurs noirs, ni des étriers rouges siglés Cupra. En contrepartie, elle affiche un prix d’attaque de 31 550 € en configuration trois portes et équipée de la boîte manuelle, soit une économie de 1 300 €. Pour bénéficier des 5 portes (350 €) et de la boîte DSG (1 720 €), comptez au minimum 34 920 € en version 280 ch. Dans un cas comme dans l’autre, Seat mise sur la discrétion, de quoi en surprendre plus d’un sur les autoroutes allemandes!

E-TV a testé la Seat Leon Cupra from Etvonweb on Vimeo.

A l’intérieur, force est de constater que si la qualité des matériaux a fait un bon en avant par rapport à l’ancien modèle, la planche de bord manque toujours de gaieté et l’habitacle aurait mérité un peu plus de couleur. Quant aux sièges sport, on a déjà vu bien mieux niveau look et maintien latéral. On apprécie toutefois le compteur affichant fièrement 300 km/h, et par-dessus tout, un équipement de série irréprochable. Les options se limitent à peu de choses près au toit ouvrant panoramique (810 €) et au pack performance (3 000 €), qui comprend notamment les pneus semi-slick Michelin Pilot Sport Cup 2, indispensables pour espérer claquer le fameux chrono de 7min58sec sur la Nordschleife.

Techniquement irréprochable

D’un point de vue technique, la Leon Cupra ne fait pas les choses à moitié. Reposant sur la même plateforme MQB que les variantes musclées de la Golf, elle bénéficie en plus du conventionnel différentiel électronique XDS d’un véritable autobloquant mécanique. Aussi, elle dispose d’une suspension pilotée, qui comprend trois réglages (Normal, Sport, Cupra), ainsi que d’une direction progressive, avec un braquage de butée en butée de seulement 2.2 tours de volant.

Pour tracter les seules roues avant, le 2.0l TSI développe 280 ch de 5 700 à 6 200 tr/min, et 350 Nm de 1 700 à 5 600 tr/min, la zone rouge débutant à 6 600 tr/min. Ses performances sont excellentes, puisque le 0 à 100 km/h est abattu en 5,7 sec, et le 1000 m départ arrêté expédié en un peu plus de 25 sec. Autant dire que c’est du costaud ! Quant au poids total du véhicule, il se limite à 1 375 kg en version 3 portes, contre 1 395 kg en configuration 5 portes, soit un gain de 55 kg par rapport à l’ancienne génération. Enfin, côté freinage, il y a de quoi voir venir, avec des disques avant de 340 mm et des disques arrière de 310 mm. De prime abord, tous les éléments sont donc réunis pour faire de cette Leon Cupra une véritable sportive.

Une pistarde civilisée

Autant le dire tout de suite, la Leon Cupra n’est pas aussi radicale et joueuse que sa concurrente directe, la Mégane RS. Est-elle pour autant dénuée d’intérêt ? Certainement pas. Dans son mode de conduite le plus agressif, l’Ibérique s’est montrée redoutable d’efficacité et réjouissante à pousser dans ses derniers retranchements, grâce à une direction hyper précise et très communicative, ne souffrant d’aucune remontée de couple, une absence quasi totale de roulis, une excellente réponse à l’accélérateur et un comportement qui inspire confiance en toute circonstance, grâce à un ESP progressif dans ses interventions. Même sur chaussée détrempée, le train avant se cramponne comme un beau diable au bitume, permettant de remettre les gaz très tôt en sortie de virage. Quant au moteur, il se montre plein à tous les régimes et n’hésite pas à en remettre une couche passés les 5 000 tr/min, pour ne plus lâcher le morceau jusqu’à la zone rouge. Un régal ! Ajoutez-y une légère rupture de couple de la part de la boîte DSG à chaque passage de rapport éclair et le cocktail en devient presque addictif. Et c’est sans mentionner l’excellente mise au point de la suspension, qui absorbe remarquablement bien les irrégularités de la route malgré la monte en 19 pouces. Il n’y a pas l’ombre d’un doute, cette Leon Cupra fera plus d’une victime sur circuit. Surtout, dans sa configuration la plus souple, elle sait se montrer confortable et silencieuse, une polyvalence dont ne peut se targuer sa concurrente française.

Contrairement à l’ancienne génération, le conducteur est désormais libre de désactiver toutes les aides à la conduite, ce qui transforme légèrement le caractère de la bête. Pour commencer, alors que la motricité était jusque-là bluffante, sans les artifices électroniques, le roues avant peinent subitement à trouver de l’adhérence sur sol mouillé. On se surprend à solliciter avec plus de délicatesse l’accélérateur, sous peine de tirer tout droit à la remise des gaz. Ensuite, si l’ESP pouvait donner l’impression que le train arrière ne demandait qu’à montrer le bout de son nez, on est finalement déçu de constater qu’il reste bien sagement collé à la route la plupart du temps. Impossible de le placer en entrée de virage, et il faut déjà y aller sacrément fort pour qu’il se déboîte en courbe en jouant avec le transfert des masses. Ce qui suggère qu’il demeure indéboulonnable ou presque sur route sèche. Dommage. Un châssis très efficace et rassurant, mais qui n’atteint pas l’extravagance d’une Focus ST ou le tranchant d’une Mégane RS. Un ensemble plus accessible donc, qui a au moins le mérite de se laisser cravacher sans arrière-pensée. Et tant qu’on y est, notons que la sonorité du 2.0 l TSI est un peu artificielle et manque de décibels à l’échappement, et que la boîte DSG passe systématiquement les rapports à l’approche de la zone rouge. Frustrant. Autre déception, la consommation, qui n’est jamais descendue sous les 8,9 l malgré de longs trajets, et qui a montré une fâcheuse tendance à dépasser les 15 l au 100 km en conduite sportive. Avec un réservoir de 50 l, l’autonomie dépasse rarement les 450 km.

Rapport prix/performances compétitif

Nous l’avons déjà dit, la Leon Cupra affiche un rapport prix/performances qui vaut le détour. A 32 830 €, la version 280 ch se situe en effet près de 2 000 € en dessous de la Golf GTI Performance et plus de 5 000 € plus bas qu’une Golf R. Seules la Focus ST et l’Opel Astra OPC font mieux, avec respectivement 29 200 et 31 850 €. Quant à la Renault Mégane RS, si elle débute à 30 500 € en version 265 ch, il faut débourser la coquette somme de 37 950 € pour la RS 275 Trophy. Enfin, si on s’aventure dans le premium, l’Audi S3 exige 39 900 € et la BMW M135i 41 300 €.  Autrement dit, si la Mégane RS est trop radicale à votre goût, la Leon Cupra est une offre à considérer très sérieusement.

Une place sur le podium

En montrant toute l’étendue de son talent dans des conditions piégeuses, la Leon Cupra nous a largement séduits grâce à des performances de tout premier plan, un châssis diablement efficace, des tarifs agressifs  et une belle polyvalence. Est-ce suffisant pour faire d’elle la nouvelle reine de sa catégorie ? Non. Si elle se montre irréprochable en matière d’efficacité, il lui manque ce brin d’explosivité qui la rendrait aussi attachante qu’une Mégane RS. Pour le reste, à ce prix, elle mérite amplement de convertir l’un ou l’autre client Volkswagen. Le podium lui est en tout cas assuré.

Adrian Jehin pour ETV

Crédits photos : Nathan Fougnies

 

 

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