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CINEMA : “Birdman” vu pour vous

12 February 2015

CINEMA : “Birdman” vu pour vous

Marie-Antoinette, notre spécialiste du cinéma ne cesse d’écumer les salles sombres pour vous donner sa vision des films à voir en ce moment! Une chronique hebdomadaire qui va vous rendre addict!

Cette semaine, elle vous parle de “Birdman”…

« Vous n’êtes pas un acteur, vous êtes une célébrité. »

Hollywood est, et ça n’est pas un secret, un univers impitoyable (oui comme Dallas!). Riggan Thomson en sait quelque chose puisqu’il est loin le temps où il faisait des cabrioles, affublé d’ailes et d’un masque d’oiseau, sauvant le monde comme Superman.

Cependant, magie Hollywoodienne oblige, un miracle est toujours possible et tel le phénix, Riggan cherche à renaître de ses cendres. C’est pourquoi il s’est lancé dans l’adaptation d’une pièce de théâtre afin de s’assurer succès (après une longue traversée du désert c’est un moindre mal) et respect de ses pairs (incarner un super-héros c’est sympa mais passé un certain âge, ça ne veut plus dire grand chose).

Sur papier c’est tout simple. Ca l’est moins dans la réalité, quand, durant les quelques jours avant la première, il va devoir faire face à sa fille (incarnée par Emma Stone, parfaite en post-ado tout juste sortie de sa réhab et donc un peu à cran), son ex-femme, nostalgique du bon vieux temps, sa copine qui le teste sans arrêt, sa troupe (dont un Edward Norton, hilarant en acteur de théâtre new-yorkais mettant le feu aux planches avec une assurance frisant la démence et une Naomi Watts, toujours en grande forme et sur la défensive, en proie aux doutes inhérents à son métier), son agent qui devient franchement nerveux, son égo (dont Birdman se fait le messager), ses rêves… Bref le chemin vers les glorieux sommets n’est pas sans embûches et le pétage de plombs n’est jamais loin…

Alejandro Inarritu, le réalisateur mexicain derrière les brillants « Amours chiennes », « 21 grammes » ou encore « Babel », signe encore un grand film, une comédie cette fois, très original par son processus : filmé comme un long plan séquence, la caméra se balade dans les couloirs du théâtre, dans les loges, la rue dévoilant avec virtuosité les peurs, les problèmes en tout genre, les coups de sang que la quête d’admiration, de reconnaissance, d’amour, de sens de Riggan provoque… C’est d’autant plus fort que Michael Keaton, brillantissime, a été lui-même confronté à un gros passage à vide après avoir incarné Batman pour Tim Burton.

Birdman déploie spectaculairement ses ailes bien au-dessus de la mêlée!

Pour découvrir d’autres critiques de films de la pétillante Marie-Antoinette c’est par ici !

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