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MOTEUR : E-TV a testé la Skoda Octavia Combi RS ! (Vidéo)

28 January 2015

MOTEUR : E-TV a testé la Skoda Octavia Combi RS ! (Vidéo)

Janvier 1977. Trois ans après la création de son label RS, Skoda s’attaque au mythique Rallye Monte-Carlo avec sa 130 RS. Celle qu’on surnomme alors la « Porsche de l’Est » y réalise un doublé magistral dans sa catégorie et parvient à se hisser à la 12e place du classement général. Une performance remarquable au vu de son petit 1300 cm3 de 140 ch. Quatre ans plus tard, elle couronne sa carrière en remportant le Championnat d’Europe des voitures de  tourisme, avant que le sigle RS ne soit délaissé pendant près de vingt ans. Aujourd’hui, la troisième génération de Skoda Octavia RS se veut à la fois sportive et polyvalente, à des tarifs défiant toute concurrence. Mérite-t-elle pour autant le sigle RS ?

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Comme une Golf, mais en plus grand

Disponible en berline et en break, la troisième génération de Skoda Octavia RS hérite de la technologie de ses cousines germaniques, les Golf GTI et GTD. Ainsi, elle repose sur la plateforme modulaire MQB, dispose des mêmes motorisations et bénéficie du différentiel autobloquant électronique XDS. Seule la suspension pilotée ne lui a pas été accordée, ce qui n’est toutefois pas dérangeant au vu de l’excellente mise au point de son châssis.

E-TV a testé la Skoda Octavia Combi RS ! from Etvonweb on Vimeo.

À l’extérieur, quelques éléments évoquent sa sportivité, à l’image de sa calandre plus musclée, de son becquet arrière, de sa double sortie d’échappement ou encore de ses étriers de freins rouge. L’ensemble demeure discret, à moins d’opter pour la livrée Race Blue et de cocher la case optionnelle des jantes 19 pouces. À l’intérieur, dans la plus pure tradition Volkswagen, l’ambiance n’est pas des plus joviales. Les sièges sport sont confortables et offrent un bon maintien, le volant à méplat est agréable à prendre en main et la finition inspire qualité et robustesse. En revanche, les imitations carbone ne sont guère convaincantes et le tableau de bord est identique au modèle de base, autrement dit assez sévère. L’ergonomie demeure pour sa part irréprochable, tandis que l’équipement de série se montre généreux.

Couverture

Une familiale avant tout

Avec ses 4.68 m de long, soit 42 centimètres de plus qu’une Golf, la Skoda Octavia Combi offre une habitabilité remarquable. Espaces de rangement, places arrière accueillantes, coffre extensible de 610 l à 1 740 l, il y a largement de quoi partir en vacances à cinq. Que ce soit en ville ou sur autoroute, maniabilité et confort de conduite sont au rendez-vous. C’est un sans-faute. On regrettera juste la petite capacité du réservoir, qui se limite à 50 l. Comptez donc sur une autonomie maximale d’environ 600 km, sachant que nous avons relevé une consommation moyenne de 7,5 l lors de notre essai.

Des motorisations au goût du jour

Sous le capot, Skoda laisse le choix entre le 2.0l TSI de 220 ch et 350 Nm, et le 2.0l TDI de 184 ch et 380 Nm. Le premier est logiquement le plus performant des deux, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 6,8 sec et une vitesse de pointe de 248 km/h. Son homologue diesel revendique 8,4 sec sur le même exercice et plafonne un peu plus tôt, à 230 km/h tout de même. En matière de tarification, il faut débourser 600 € de plus pour le 2.0l TDI qui, accouplé à une boîte manuelle à six rapports, débute à 30 090 € sur la berline et à 30 890 € en version combi. Pour bénéficier de l’excellente boîte DSG à six rapports, il vous en coûtera 1 800 €. Et si la motorisation diesel est plus onéreuse à l’achat, elle se rattrape largement en échappant à la taxe de mise en circulation la plus élevée, contrairement à la motorisation essence. Une différence de près de 2 500 € en Région wallonne.

Notre modèle d’essai était équipé du 2.0l TDI, qui nous a séduits par son couple généreux et sa capacité à monter dans les tours avec vigueur. Il s’est aussi montré particulièrement bien insonorisé, ce qui est assez rare pour être souligné pour un quatre pattes diesel. En revanche, une fois qu’on hausse le rythme, ce n’est pas le grand frisson. Ses accélérations sont franches, mais il manque globalement de caractère, avec une sonorité quelconque malgré le petit générateur de son artificiel emprunté chez Audi. Quant à la consommation, on pulvérise les 4,6 l annoncés par Skoda, avec un ordinateur de bord qui indique un bon 12 l au 100 km. Un moteur qui se montre donc souple et agréable au quotidien, mais qui n’est guère excitant en conduite sportive. Nul doute que le 2,0l TSI se montrera plus enthousiasmant sur nos routes secondaires.

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Plus dynamique que sportive

Sur le plan sportif, c’est en matière de comportement que cette Skoda Octavia Combi RS convainc le plus. Avec une caisse abaissée de 13 mm et un train arrière multibras, en effet, son châssis est une franche réussite. La suspension passive offre un excellent compromis entre confort et sportivité, tandis que les mouvements de caisse sont bien maîtrisés. L’ensemble dégage une solide impression de rigidité et de sérénité, quel que soit le type de route empruntée. À la limite, la voiture tend naturellement au sous-virage, mais pas de façon rédhibitoire. Grâce à la direction électromécanique à démultiplication variable, le nez se place avec précision et les remontées d’information sont satisfaisantes. Rien à redire non plus côté freinage.

Malgré l’autobloquant électronique XDS, le train avant manque toutefois de motricité sur les deux premiers rapports, du moins sur chaussée humide. D’autre part, les aides à la conduite ne sont malheureusement pas entièrement déconnectables, verrouillant systématiquement le train arrière à la moindre alerte. Pas très fun,  mais pas non plus de quoi gâcher le plaisir de conduite dans son ensemble.

Notons au passage que le conducteur peut, grâce à différents modes de conduite, paramétrer individuellement la réponse à l’accélérateur, la dureté de la direction et la rapidité de la boîte DSG, particulièrement bien gérée en mode Eco.

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Le parfait compromis ?

Si on la considère comme une familiale à vocation résolument sportive, la Skoda Octavia Combi RS ne déçoit pas, pour peu de choisir la motorisation essence. Certes, elle ne sera pas l’arme ultime sur circuit et ne vous comblera pas de sensations fortes, mais son atout réside dans sa belle polyvalence et son agrément de conduite au quotidien. Surtout, elle se négocie 2 000 € de moins qu’une Golf à équipement équivalent, et près de 10 000 € de moins qu’un véhicule premium, de type BMW 320d. La preuve que Skoda produit des véhicules modernes et bien pensés, qui ont plus d’un argument à faire valoir face à la concurrence. Même s’il est vrai que de la part d’un modèle RS, on aurait apprécié une sportivité un peu plus marquée.

Adrian Jehin pour E-TV

 

Crédits photos : Nathan Fougnies

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