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DOSSIER : La Dolce Vita des années 80

18 November 2014

DOSSIER : La Dolce Vita des années 80

Revivre la DolceVita par le biais de photos hautes en couleurs de l’Italie des années ’80.

L’histoire de l’Italie est tellement belle et inspirante que tout ce que l’on pourrait raconter à son sujet ou concernant son peuple a déjà été dit au moins une fois auparavant.

Et s’il y a bien une chose qui nous manque et qui n’est plus d’actualité aujourd’hui – mais qui le sera peut-être un jour – c’est la fameuse dolce vita, cette « douce vie » que le réalisateur Federico Fellini a si bien su mettre en scène. Il l’a fait incarner tout en sensualité et ironie dans son grand classique homonyme.

Le photographe Charles Traub fait allusion à Fellini dans sa collection de photos de l’Italie des années ’80: Dolce Via—the Sweet Way (ndlr Dolce Via – la Route Tranquille).En effet, la fontaine de Trevi à Rome, dans laquelle l’actrice Anita Ekberg s’ébattait joyeusement, constitue la toile de fond des photos de Traub. Mais il y a autre chose que Dolce Via a en commun avec La Dolce Vita  – moins Fellini-esque mais tout aussi séduisant et distinctement subtil.

C’est l’omniprésence et peut-être même l’omnipotence du sexe. Rien n’est ouvertement dévoilé mais chaque photo est imprégnée de sensualité, tantôt subtile, tantôt moins subtile.

Même des images représentant l’innocence et la chasteté, lorsqu’elles sont plongées dans ce contexte, évoquent l’envie urgente et la nécessité de procréer, physique mais aussi métaphysique. Le sexe émane non seulement d’un baiser ou de la vision d’une peau dénudée ou de la profondeur d’un regard mais également et surtout de la couleur.

L’Italie montrée par Traub est une explosion de toutes les couleurs de la vie. Et c’est pour cette raison que c’est tellement sensuel.

Il en a toujours été ainsi. L’ancien poète Romain, Lucrèce n’ouvre-t-il pas son merveilleux poème philosophique La Nature des Choses par une célébration de Venus, la déesse du sexe (ou de l’amour comme nous l’appelons par euphémisme) et de la mère d’Enée, le fondateur de Rome?

C’est ainsi : tout dans l’univers a été touché par Venus, tout est une poursuite sensuelle de l’union, qu’il s’agisse des animaux, des nuages ou des atomes invisibles qui s’unissent afin de former l’essence de la vie elle-même.

Traub, qui préside actuellement le département de la photographie de la School of Visual Arts à New York, présente une Italie telle qu’on l’a connue deux décennies après Fellini. Cependant les deux artistes ont dépeint un univers qui est dans la continuité de celui perçu par Lucrèce dès le 1er siècle avant J.C. : sensuel et triste, explosant de couleurs et de plaisir, magnifique même dans sa mélancolie. C’est la vraie nature de l’Italie éternelle, la vraie nature de toute chose.

Charles H. Traub est le fondateur et président de la MFA Photography, Video and Related Media program à la School of Visual Arts. Il a publié sept livres. Dolce Via est édité par Damiani.

Florence, 1981 Venice, 1982 Milan, 1981 Amalfi, 1983 Rome, 1981 Rome, 1983 Florence, 1982 Venice, 1981 Cosenza, 1981 Siena, 1982 Capri, 1982 Venice, 1981 Agrigento, 1981 Reggio Emilia, 1983 Rome, 1982 Positano, 1981 Naples, 1982 Rome, 1982 Rome, 1983 Positano 1981 Naples, 1981

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