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Portrait : Eternel Bébel !

24 April 2013

Portrait : Eternel  Bébel !

Jean-Paul Belmondo a été l’acteur le plus plébiscité de tout le cinéma français ! Selon les derniers chiffres il crève l’écran au même titre que Louis de Funès ou qu’Alain Delon ! Evidemment, Belmondo a créé l’engouement surtout dans sa période « populaire ». En cinquante ans de carrière, il a attiré dans les salles près de 130 millions de spectateurs : entre 1969 et 1982, il a joué à quatre reprises dans les films le plus vu de l’année en France (Le Cerveau, Peur sur la ville, L’Animal, L’As des as), égalant le record de Fernandel. Mais l’acteur a surtout  fait ses début dans les films « nouvelle vague » de Jean-Luc Godard ou de François Truffaut. Des films plutôt novateurs dans leur construction. On se souvient tous de « Pierrot le Fou » ou d’« À bout de souffle » ! A l’époque sa belle gueule avec un côté boxeur  avait été préférée à la beauté plus froide de Delon.

Jean-Paul Belmondo est né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine,  d’un père italien sculpteur et d’une mère peintre. C’est déjà à l’âge de 16 ans que le futur Bébel décide de devenir acteur. Pourtant tout le destinait au sport vu sa carrure athlétique et son agilité (qui lui serviront plus tard dans ses cascades !). Il décide d’assister aux cours de Raymond Girard, qui l’aide à préparer son admission en 1951 au concours du Conservatoire d’art dramatique. Belmondo aura la chance d’être le protégé de Pierre Dux (directeur de la Comédie Française). Et d’un mentor, le jeune Belmondo en avait besoin ! Brillant mais indiscipliné, il est viré, après tout de même 4 ans, du Conservatoire d’art dramatique !  Ce qui ne l’empêchera pas de débuter sur les planches dans une pièce de Jean Anouilh, « Médée » au Théatre de l’Atelier. Mise en scène d’André Barsacq, un disciple de Cocteau. Pour un début sur les planches, c’est du haut de gamme.

Le grand séducteur bizarrement se marie très vite à 20 ans, avec  Elodie Constantin, une danseuse de son état, qui lui donne trois enfants ! Entre temps, Belmondo fait une petite entrée dans le cinéma dans « Sois Belle et tais-toi ». Durant l’audition, il rencontre Alain Delon qui sera aussi engagé ! Deux inconnus à la future carrière prestigieuse ! En 1958, le jeune acteur à la chance de jouer aux côté de Bourvil, Arletty, Danielle Darrieux et Roger Hanin dans « Un drôle de dimanche » de Marc Allégret.

Mais sa carrière va vraiment démarrer avec la rencontre du réalisateur très intello Jean-Luc Godard lors du tournage de « Charlotte et son Jules ».  Suite au succès foudroyant d ‘ « A Bout de souffle », en 1960, le nom Belmondo est sur toutes les bouches. Avec ensuite « Pierrot le Fou » (avec Anna Karina), il devient le symbole de la Nouvelle Vague ! Mais bien vite, il varie les genres. Du qualitatif « Cent mille dollars au soleil » au plus fantasque « L’homme de Rio » de Broca qui lui donnera toujours des rôles   d’aventurier caméléon qui ne se prend pas au sérieux. Belmondo enchaîne les succès : « Un singe en hiver »,  « Week-end à Zuydcoote », « Les Tribulations d’un chinois en Chine », « Tendre Voyou » ou encore « Le Cerveau » ! Après « Borsalino » de Jacques Deray en 1970 où il joue avec Delon (!), l’acteur français devient le Bébel qu’on connaît : sérieux justicier, flic, voyou, séducteur, guignol… Un acteur  aux mille masques qui devient idolâtré par ses compatriotes ! Les blockbusters français sont nés : « Le Magnifique », « Peur sur la Ville », « Flic ou Voyou », « Le Guignolo », « Le Professionnel », « L’As des as », « Le Marginal »… Voilà le Bébel des années’70 et ’80. Aussi on connaît le cascadeur réalisant toutes ces folies lui-même ! Impressionnant homme total, la tête et les jambes !

Ayant arrêté le théâtre en 1954, il retrouve les planches en 1989 avec la pièce « Kean » de Jean-Paul Sartre, mise en scène par Robert Hossein au Théâtre Marigny. Mais ce retour aux planches sera presque fatal pour lui 10 ans plus tard : crise cardiaque en pleine représentation ! En 2001, accident cérébral : 8 mois sans parole… Mais sa forte nature le remet en piste, malgré des problèmes cérébraux persistant, et il épouse même Natty Belmondo, qui est sa compagne depuis 1989. Elle lui donne un 4ème enfant.

On se souvient de la triste histoire de la  relation avec Barbara Gandolfi (ex-Playboy et finaliste de l’élection Miss Belgique !) et des soupçons que la belle profite de l’état affaibli de Bébel pour lui soutirer de l’argent.

Actu plus agréable : Belmondo rejouera dans « Bandits Manchots » de Lelouch en 2013 ! Quel homme ! Infatigable !

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