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JEUNE TALENT : Charlotte Abramow (photographe belge)

28 March 2013

JEUNE TALENT : Charlotte Abramow (photographe belge)

C’est avec un immense plaisir qu’E-TV vous fait découvrir un talent made in Belgium. Sur la toile depuis un petit moment, l’équipe d’E-TV a toujours été admirative par le travail de cette (très) jeune photographe. Charlotte Abramow n’a pas fini de faire parler d’elle, et ça, ce n’est pas peut-être ! Rencontre…

E-TV : Quel est votre parcours ? Pourriez-vous vous présenter ?

Charlotte Abramow : Charlotte Abramow, 19 ans. Je photographie depuis l’âge de 13 ans, et plus sérieusement depuis l’âge de 16 ans. J’ai commencé un peu par hasard, j’ai eu la chance de découvrir ma passion pour la photographie et de voir que je me débrouillais bien !

Je vais chaque année au festival des “Rencontres d’Arles” (une occasion à ne pas manquer pour les mordus de photo), j’y ai rencontré Paolo Roversi, mon photographe préféré. Depuis 2011, j’ai gagné le Prix du Public du concours Fashion Photo Award #4 “Food is Fashion”,  j’ai réalisé la campagne de la collection “Highway to Hell” by Piece Of Chic, ainsi que des éditoriaux pour ELLE Belgique, Victoire magazine, Alphabeta magazine,… Une exposition aux Brussels Fashion Days, et beaucoup de projets personnels ! Je suis également la photographe officielle de l’ASBL “Touche Pas À Ma Pote” qui lutte contre le sexisme et le harcèlement de rue, que je soutiens à 200% (carrément).

E-TV : Quelle est votre approche à la photographie et le message que vous essayez de faire passer ? (Est-il purement artistique ou travaillez-vous des thèmes bien précis ?)

C.A. : Je dirais que la photographie est le meilleur moyen pour moi de m’exprimer. Je suis plutôt extravertie comme fille, mais inconsciemment, je fais passer des émotions plus subtiles à travers mes photos. Ce sont des vestiges de mes rêves, mes cauchemars, mes souvenirs, mes espoirs… Tout cela reste très personnel. Je cherche cela au fond de MES tripes et de mon coeur.
Je suis très attachée au fait de photographier des femmes, plus particulièrement des filles de ma génération. Il y a peu de photographes féminines par rapport aux hommes de ce métier ! De ce fait, j’aime apporter le regard d’une fille sur une autre fille. Se crée alors une relation de complicité, d’amitié voire de solidarité. Dans mes photos, il n’y a pas de rapport de séduction. C’est un rapport d’égal à égal !

E-TV : Comment choisissez-vous vos modèles et vos ambiances ?

C.A. : Je choisis mes modèles instinctivement. Je les appelle souvent mes “muses”. Une muse est un visage dont je n’arrive pas à décrocher mon regard. C’est comme un appel artistique, une inspiration. Une part de la personnalité de ce modèle que je lie à un personnage que je projette sur elle. Un peu creepy tout ça. Quant aux ambiances, je m’inspire de ma vie, de tout ce que je vois autour de moi, de tout ce que je ressens. C’est assez difficile à expliquer, étant donné que c’est personnel, même moi parfois, je ne comprends pas. Seulement, mes photos me ressemblent. Et je suis drôle et triste à la fois.

E-TV : Comment a évolué votre travail depuis vos débuts ? Est-ce que des professionnels vous ont remarqué ?

C.A. : J’ai fait beaucoup de photos depuis 2009 ! Je dirais qu’avec le temps, mon œil a évolué. Je recherche quelque chose de moins direct qu’à mes débuts. Je suis devenue plus mystérieuse, et mes photos aussi. Je commence seulement à oser exhiber mes peurs (même si elles restent encore enfantines dans mes photos), alors que je ne cherchais qu’à explorer des contes de fées quand j’avais 16 ans. Chose normale, en même temps.

J’ai eu l’immense honneur d’être remarquée par Paolo Roversi lors d’un stage aux “Rencontres d’Arles”, en juillet 2010. Depuis, il garde souvent un œil sur moi et mon travail. Il a d’ailleurs écrit un article sur mes photos dans POLKA magazine, POLKA qui me suit aussi depuis longtemps !

E-TV : Avez-vous collaboré avec d’autres photographes ?

C.A. : Non, jamais. Je ne vois pas trop comment deux univers peuvent se coïncider en une seule photo, ça doit être très difficile ! Que l’un ne mange pas l’autre. Une fusion parfaite. Peut-être qu’un jour, je trouverai un(e) complice avec qui cela sera possible. Tiens, on dirait presque un discours sexuel.

E-TV : Qu’est-ce qu’une bonne photo selon vous ?

C.A. : Je pense que définir qu’une photo soit bonne ou non relève de la subjectivité pure. Elle doit dégager une émotion ou une sensation, au mieux, quelque chose de transcendant et d’inexplicable. Les photos de Sarah Moon sont incroyables, par exemple, et nous plongent dans un mystère à la fois universel et personnel.

E-TV : Est-ce facile pour vous de vous exprimer au travers de votre travail ?  Vivez-vous de vos photos ?

C.A. : Je suis encore jeune, donc je suis seulement sur le chemin de la compréhension de soi et de l’expression artistique, mais pour le moment, je suis plutôt sincère avec moi-même ! Quand quelque chose ne ressemble pas, je le ressens tout de suite et je ne le garde pas, généralement. A moins que cela devienne artistiquement intéressant.

Je ne vis pas encore de mes photos, je suis encore étudiante et cela reste un métier difficile, surtout en Belgique.

E-TV : Selon vous, quelle est votre plus belle réalisation ?

C.A. : Je change d’avis tous les jours, ça dépend de mon mood… Je dirais que les séries de photos qui me sont le plus chères sont “Woods” et “A View to the Death in the Morning” car elles se rejoignent toutes les deux sur un évènement très intime de ma vie. Je ne pourrais pas déterminer “une” photographie préférée. Quand on est photographe, il n’y a pas que la photo en elle-même, il y a aussi le moment vécu lorsqu’on a déclenché.

E-TV : Quels sont les meilleurs et pires souvenirs sur un shoot ?

C.A. : Beaucoup de fous rires et de scènes totalement improbables. Quand on part de rien, on peut quand-même gravir des montagnes ! Chaque shoot est une histoire pleine de péripéties. En voici une qui me vient à l’esprit : lors de la série “Woods”, j’ai réalisé quelques photos de ma muse seins nus, de dos, avec son cheval. Au loin, elle voyait des gens arriver, et son premier réflex a été de se cacher EN DESSOUS de son cheval, avec une couverture. J’ai trouvé ça tellement beau et spontané.


Je n’ai franchement pas de “pire” souvenir sur un shoot… À part peut-être une galère dans le bois de Hal avec les deux chatons noirs ! On se faisait gueuler dessus en Néerlandais par un garde-forestier car on n’avait pas le droit d’être là (hors-la-loi), et les chatons étaient paniqués. L’un des deux s’est enfui dans les bois, on lui courrait après et on l’a finalement attrapé. Énorme film d’action hollywoodien dont on ne peut se douter en voyant cette photo où tout à l’air paisible (rires).

E-TV : Quels sont vos projets futurs ?

C.A. : Mes projets futurs sont de réaliser toutes les histoires que j’ai en tête, notamment avec Yumi Lambert, une de mes muses que j’adore et qui vient de faire la campagne Chanel shootée par Karl Lagerfeld (rien que ça) ! Je serai de plus en plus sur Paris également. Et sinon, des surprises que je ne peux dire !

E-TV : Où pouvons-nous retrouver votre travail ?

C.A. : Principalement sur mon blog ! Mais vous pouvez suivre mon actualité sur ma page facebook !

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