Art & Culture / ELVIS PRESLEY : THE KING FOREVER !

ELVIS PRESLEY : THE KING FOREVER !

9 January 2014

ELVIS PRESLEY : THE KING FOREVER !

Depuis quelques jours, Memphis a des allures de Mecque, charriant des milliers de fidèles voués au culte d’Elvis. Mercredi, hier on a fêté ce qui aurait été le 79e anniversaire de la légende du rock ‘n’ roll. On se devait donc de faire un petit clin d’œil au King !

En Europe, on l’avait un peu perdu de vue après le succès planétaire de « Aloha from Hawaï », retransmis par satellite dans 43 pays et visualisé par plus d’un milliard de spectateurs vissés devant leur petit écran. Mais il restait le King pour tous ceux qui continuaient à voir en lui la lame de fond ayant soulevé toute une génération contre les diktats d’une société hyper-conservatrice.
Né le 8 janvier 1935 de parents pauvres, Elvis Aaron Presley a grandi pauvre, parmi les pauvres, blancs et noirs de Tupelo (Mississipi) puis de Memphis (Tenessee). Et c’est dans les boîtes « black » qu’il va s’imprégner du ferment qui fera de lui, bien des années plus tard, quelqu’un d’absolument unique : un showman blanc qui chante et bouge comme un noir. A ses débuts,, de 1954 (« It’s all right mama ») à 1958 (« Jailhouse rock »), il incarne l’insolence de la jeunesse, projetant ses déhanchements sexy à la face de l’Amérique puritaine.

So shoking ! Et plus shoking encore, le comportement quasi hystérique des filles. La société bien pensante réagit. Des concerts sont frappés d’interdiction et les caméras des chaines de télévision sont sommées de cadrer ce personnage impudique au-dessus de la ceinture ! Pendant ce temps, les ados se coiffent et s’habillent comme Elvis… Il est déjà un véritable phénomène de société, lorsqu’il décroche un disque d’or pour « Heartbreak hotel », que le colonel Parker devient son manager et qu’il part faire son service militaire en Allemagne en 1958. A cet égard et pendant deux ans, R.A.S. Inadéquation totale entre l’image de l’artiste et sa véritable personnalité. (Il la revendiquera toujours d’ailleurs, en signant « Aaron » sur tous ses papiers officiels…)
La génération « rebelle » s’étonne, qui aurait applaudi à deux mains la plus modeste des rebellions. Et elle n’est pas au bout de ses surprises. Dès 1962, son idole s’engage dans un processus complètement suicidaire, de l’avis de certains, en tournant 31 films, des navets pour la plupart, et en enregistrant 23 de leurs bandes sonores. Elvis épouse Priscilla en 1967 (ils divorceront 6 ans plus tard), une petite Lisa Marie vient au monde un an plus tard. Côté carrière, ça craint, croit-on. A tort. Le chanteur revient à la « une », plus éblouissant que jamais et tout de cuir noir vêtu dans « Elvis is back » diffusé le 3 décembre 1968 par la NBC. L’émission fait un malheur et des milliers de nouvelles victimes parmi les non-fans restés de glace jusque là face à l’idole de toute une génération. Rock, rytm’blues, country, gospel… Elvis excelle dans tous les genres, il continue même à surprendre encore avec la sortie, en 1969, de titres qui vont booster sa carrière : « In the ghetto », « Don’t cry daddy », « Kentucky rain » et l’étonnant « Suspicious mind ».

Le 31 juillet, à l’International Hotel de Las Vegas, il donne le premier des 57 concerts qui, durant quatre semaines, vont faire salle comble et déchainer l’enthousiasme. Les déhanchements provocateurs des débuts ont cédé la place à une gestuelle plus esthétique, son énergie explose toujours, mais sa pratique du judo l’a canalisée. Ses costumes de scène sont d’une excentricité qui serait fatale à tout autre chanteur. Lui assure, il entre en scène et déclenche quelque chose de magique, immanquablement.
Dans les années qui suivent, il enchaîne les tournées et son répertoire s’enrichit de titres restés cultes à ce jour, comme « My way », « You were always on my mind », « A mountain to climb », etc.

Il les chantera lors de « Aloha from Hawaï », en 1973, où il apparaît dans toute sa gloire, faisant sangloter l’Amérique entière avec « An american Trilogy », resté dans toutes les mémoires. C’est cette image d’un King éblouissant que le public va mémoriser pour toujours. Bien qu’à sa mort, photos et vidéos l’aient montré sous un autre jour, le visage bouffi, carrément obèse, bref méconnaissable. Mais il tournait toujours et remplissait les salles… Les quatorze concerts qu’il devait donner à partir du 17 août étaient sold out.
Elvis a assumé sans fléchir ce corps qui lui faisait certes payer ses excès, mais qui lui fît la grâce de laisser sa voix intacte jusqu’au bout.
Après des obsèques dignes d’un chef d’Etat, le 19 août, la seconde carrière d’Elvis a débuté, initiée par Jack Soden, pdg d’Elvis Presley Enterprises. Elle vaut son pesant d’or. Aux rééditions de disques, de DVD se sont ajoutés un marchandising phénoménal et des concerts virtuels, organisés dans le monde entier avec les rescapés de l’Elvis band et du chœur qui l’accompagnait. Cette année, 750 000 entrées à 10 dollars ont été enregistrées à Graceland, devenu musée. La municipalité de Memphis se mord les doigts d’avoir renoncé à acheter la demeure du King, jugeant que le site n’avait pas d’avenir ! C’est le plus visité après la Maison Blanche. La chaine « Elvis Presley Memphis » vient d’être lancée avec l’ouverture, au centre ville, du premier restaurant-club recréant l’ambiance des années ’50, chères aux rockeurs de la première heure. Ambiance qui sera exportée à Paris, Londres, Tokyo…
Cette carrière posthume aussi brillante soit-elle ne fait en aucun cas oublier l’essentiel : c’est grâce à Elvis, Aaron Presley, icône majeure du XXe siècle, que l’Europe a découvert le rock, jusque là confiné aux States, qu’il y a eu les Beatles (John Lennon l’a affirmé), les Rolling Stones, Hallyday et les autres. Tous les autres.

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